Pourquoi le on premise software revient dans les conversations des directions marketing
Un retour en grâce qui n’a rien de nostalgique
Pendant plus de dix ans, le mode saas cloud a été présenté comme l’unique horizon pour les directions marketing. Accès via internet, facturation à l’usage, mises à jour automatiques : le mode saas s’est imposé comme le modele dominant pour chaque nouveau logiciel ou solution logicielle. Dans beaucoup d’entreprises, la question ne se posait même plus : toute nouvelle solution devait être une solution cloud.
Depuis deux ou trois ans pourtant, un mouvement inverse s’observe dans les équipes marketing les plus matures. Le logiciel premise, installé sur les serveurs de l’entreprise ou dans un centre de données dédié, revient dans les discussions stratégiques. Non pas par rejet du saas cloud, mais parce que certaines limites du modele cloud deviennent visibles : dépendance forte aux fournisseurs, hausse des couts récurrents, questions de securite donnees et de gouvernance, difficulté à aligner les outils sur les besoins spécifiques de la marque.
Ce retour du mode premise ne signifie pas un basculement total vers des logiciels premise. Il s’agit plutôt d’une réévaluation lucide du bon modele pour chaque brique de l’infrastructure marketing : certaines solutions cloud restent idéales pour la collaboration ou la diffusion, tandis que des solutions premise reprennent l’avantage pour la gestion de la donnée, la securite ou les traitements sensibles.
Pression sur les coûts, pression sur la donnée
Deux forces principales poussent les directions marketing à remettre le premise au centre : la pression budgétaire et la pression réglementaire autour des donnees.
- Couts récurrents du saas : les abonnements multiples à des logiciels en mode saas finissent par peser lourd. Chaque nouvelle solution cloud ajoute une ligne de budget, parfois indexée sur le volume de donnees ou le nombre d’utilisateurs. Sur plusieurs années, le modele saas peut devenir plus coûteux qu’un modele premise bien dimensionné.
- Explosion des volumes de donnees : campagnes média, analytics, CRM, social listening, influence, leadgen… La quantité de donnees marketing explose. Les coûts de stockage et de traitement dans le cloud augmentent mécaniquement, tout comme la complexité de la gestion entre différentes solutions cloud.
- Réglementation et souveraineté : RGPD, contraintes sectorielles, exigences internes de conformité… De plus en plus d’entreprises veulent un controle total sur leurs donnees marketing. Pour certains cas d’usage, un logiciel premise ou une premise solution deviennent plus rassurants qu’un saas cloud hébergé hors de leur infrastructure.
Dans ce contexte, le modele premise redevient un levier pour optimiser les couts à long terme et reprendre la main sur la securite donnees. Les directions marketing ne cherchent plus seulement des solutions rapides à déployer, mais des solutions premise ou premise cloud capables de soutenir une stratégie de marque sur plusieurs années.
De la dépendance au fournisseur au contrôle stratégique
Le tout cloud solution a parfois créé une forme de dépendance : roadmap imposée par l’éditeur, changements de tarifs, évolutions de fonctionnalités qui impactent directement les campagnes, voire arrêt pur et simple d’un logiciel. Pour une direction marketing, cette dépendance peut devenir un risque stratégique, surtout quand la brand awareness et la génération de revenus reposent sur ces outils.
En réintroduisant des solutions premise dans leur infrastructure, les équipes marketing cherchent à :
- stabiliser les briques critiques (collecte et unification des donnees, scoring, segmentation, reporting) ;
- maîtriser la mise place des évolutions fonctionnelles, sans dépendre du calendrier d’un éditeur saas ;
- renforcer le controle total sur les donnees sensibles liées aux clients, aux prospects et aux campagnes.
Ce mouvement s’accompagne souvent d’une réflexion plus large sur le choix des logiciels marketing et des solutions de gestion. Les retours d’expérience sur des plateformes comme celles décrites dans cet article sur la transformation de la stratégie marketing digitale par un logiciel dédié montrent que la question n’est plus seulement « cloud ou premise ? », mais « quelle combinaison de solutions cloud et de solutions premise sert le mieux la stratégie de marque ».
Vers des architectures marketing plus sélectives
Le résultat de cette prise de conscience, c’est l’émergence de véritables architectures hybrides marketing. Les directions marketing ne veulent plus subir un modele cloud par défaut, ni revenir à un mode premise intégral. Elles cherchent à :
- placer en mode premise les briques où la securite donnees, la performance ou la personnalisation sont critiques ;
- garder en mode saas les solutions cloud qui apportent une forte agilité (activation média, social, collaboration, diffusion de contenus) ;
- connecter ces logiciels via des intégrations robustes, pour éviter les silos de donnees.
Dans cette logique, le logiciel premise n’est plus un vestige d’un ancien monde, mais une brique stratégique au même titre qu’une plateforme saas cloud. La question pour une direction marketing devient : sur quelles parties de la chaîne de valeur ai je besoin d’un controle total et d’une premise solution, et où un mode saas reste le plus pertinent pour soutenir la croissance de la marque, la leadgen et l’influence ?
Maîtriser la donnée pour mieux piloter la brand awareness et la performance
Reprendre la main sur la chaîne de valeur des données marketing
Pour une direction marketing, la donnée n’est plus un simple reporting mensuel. C’est le carburant de la brand awareness, de la performance média, de la leadgen et de l’influence. Or, dans un modele saas très éclaté, une grande partie de cette valeur se dilue entre différents prestataires, chacun avec son propre outil, sa propre logique et ses propres contraintes. Avec un logiciel premise installé sur les serveurs de l’entreprise, la donne change. Le centre de gravité des donnees revient dans l’infrastructure de l’entreprise, sous son controle total. Les flux ne transitent plus uniquement par une solution cloud ou un saas cloud, mais par un socle que la direction marketing peut cadrer avec la DSI :- Schémas de données pensés pour le pilotage marketing, pas seulement pour la facturation des outils
- Traçabilité fine des sources (paid, owned, earned, influence, retail media, CRM, offline)
- Capacité à relier exposition de marque, engagement et contribution au pipeline commercial
Un socle de données unifié pour la brand awareness et la performance
Dans beaucoup d’entreprises, la mesure de la brand awareness repose encore sur un patchwork de solutions cloud et de tableaux de bord saas. Résultat :- Des indicateurs de notoriété déconnectés des indicateurs de performance
- Des doublons entre plusieurs logiciels marketing
- Une difficulté à relier les investissements média aux leads et aux ventes
- Centraliser les impressions, clics, vues vidéo, visites site, interactions social media, leads et ventes dans une même solution logicielle
- Normaliser les données issues de différents outils saas (adtech, martech, CRM, analytics) pour les rendre comparables
- Créer des indicateurs composites qui relient exposition de marque, considération et conversion
Réduire la dépendance aux modèles opaques des plateformes
Le modele cloud et le mode saas ont apporté une agilité indéniable. Mais ils ont aussi introduit une dépendance forte à des modèles de mesure parfois opaques : algorithmes de visibilité, attribution propriétaire, agrégation partielle des donnees. Avec un logiciel premise ou des logiciels premise intégrés dans une architecture hybride cloud premise, l’entreprise peut :- Définir ses propres règles d’attribution (first touch, last touch, data driven interne, mix média marketing)
- Contrôler les fenêtres de conversion et les règles de déduplication entre canaux
- Comparer les résultats fournis par les solutions cloud avec ses propres calculs internes
Sécurité, conformité et continuité de la donnée marketing
La securite donnees n’est plus un sujet réservé à la DSI. Pour un CMO, la moindre fuite ou mauvaise gestion de donnees clients peut impacter directement la marque. Un modele premise bien gouverné offre plusieurs avantages concrets :- Localisation claire des donnees sur les serveurs de l’entreprise ou dans un data center choisi
- Maîtrise des accès aux outils et aux jeux de données sensibles (segments CRM, audiences lookalike, historiques de navigation)
- Capacité à documenter précisément les flux pour répondre aux exigences réglementaires
Aligner marketing, finance et IT autour d’un même langage de données
Enfin, maîtriser la donnée via un logiciel premise ou une solution premise intégrée dans un modele cloud hybride permet de créer un langage commun entre marketing, finance et IT. Tous travaillent sur les mêmes chiffres, issus du même socle, avec les mêmes règles de calcul. Quelques effets très concrets pour la direction marketing :- Des business cases plus solides pour défendre les budgets média et les investissements dans de nouveaux outils
- Une meilleure visibilité sur les couts complets des campagnes (media, production, outils, infrastructure)
- Une capacité à simuler différents scénarios d’investissement en s’appuyant sur des historiques fiables
Brand safety, conformité et gouvernance : les angles morts du tout‑cloud
Réduire l’exposition aux risques invisibles du tout cloud
Pour une direction marketing, le cloud et le mode saas ont longtemps été synonymes de simplicité : un navigateur, une connexion internet, quelques outils, et la machine tourne. Mais plus les marques investissent dans les contenus, la data et l’influence, plus les angles morts du tout cloud apparaissent : dépendance à un fournisseur, manque de contrôle total sur les donnees, incertitudes sur la securite et la conformité, difficulté à auditer réellement les flux.
C’est là que le logiciel premise et les solutions premise reviennent dans le jeu. En réintroduisant un socle on premise dans l’infrastructure marketing, l’entreprise reprend la main sur des actifs critiques : bases de donnees clients, historiques de campagnes, scoring d’audience, algorithmes de recommandation, ou encore bibliothèques de contenus sensibles. Le modele premise ne remplace pas forcément le modele cloud ou le modele saas, mais il rééquilibre le rapport de force entre l’annonceur et ses prestataires saas cloud.
Concrètement, un centre de donnees interne ou des serveurs hébergés en mode premise permettent de :
- définir précisément où sont stockées les donnees marketing stratégiques ;
- maîtriser les conditions d’accès aux outils et aux solutions logicielles ;
- limiter la dispersion des informations entre une multitude de solutions cloud et de logiciels saas ;
- mettre en place des politiques de securite donnees adaptées au niveau de risque réel de l’entreprise.
Dans un contexte de durcissement réglementaire (RGPD, ePrivacy, exigences sectorielles), ce retour à un controle total sur certaines briques logicielles devient un avantage concurrentiel, pas seulement un sujet IT.
Brand safety : reprendre la main sur les environnements d’activation
La brand safety n’est plus seulement une question de blacklist de sites ou de filtres dans une solution cloud d’achat média. Pour une marque, l’enjeu est de garantir que chaque impression, chaque vidéo, chaque contenu sponsorisé respecte un cadre éditorial, légal et éthique cohérent avec son positionnement. Or, dans un modele saas très fragmenté, les règles sont souvent éclatées entre plusieurs logiciels et outils, chacun avec sa propre logique.
Un socle logiciel premise permet de centraliser les règles de brand safety et de gouvernance des contenus, puis de les pousser vers les différentes solutions cloud utilisées pour l’activation (DSP, plateformes sociales, outils d’influence, etc.). On passe d’une logique subie, dictée par les paramètres par défaut des plateformes, à une logique pilotée par l’entreprise.
Par exemple, un logiciel premise dédié à la gestion des assets et des audiences peut :
- valider en amont les créations et les messages sensibles avant toute diffusion ;
- appliquer des règles de diffusion spécifiques selon les pays, les segments ou les canaux ;
- bloquer automatiquement certains contextes jugés à risque pour la marque ;
- tracer précisément quels contenus ont été exposés, où, et à quelles audiences.
Cette approche premise solution permet de réduire les risques d’exposition à des environnements toxiques, mais aussi de documenter les arbitrages marketing. En cas de crise, la direction marketing peut démontrer la mise en place de processus robustes, ce qui renforce la crédibilité de la marque auprès des partenaires, des autorités et du public.
Conformité et gouvernance des donnees : du flou contractuel au controle opérationnel
Dans un environnement 100 % saas cloud, la conformité repose en grande partie sur des contrats, des SLA et des promesses de securite. C’est nécessaire, mais souvent insuffisant pour une gouvernance marketing réellement maîtrisée. Les directions marketing se retrouvent à gérer une mosaïque de solutions cloud, chacune avec ses propres règles de conservation, de partage et de traitement des donnees.
En réintroduisant des logiciels premise au cœur de la chaîne de valeur marketing, l’entreprise peut redéfinir un modele de gouvernance plus clair :
- les donnees les plus sensibles (clients VIP, comptes stratégiques, historiques de transactions, signaux faibles issus de la veille) restent dans des logiciels premise, sous controle total ;
- les solutions cloud sont utilisées en mode saas pour l’activation, l’orchestration de campagnes, la collaboration, mais avec un périmètre de donnees limité et maîtrisé ;
- les flux entre premise et cloud sont documentés, audités, et alignés avec les politiques internes de gestion des risques.
Ce modele premise permet aussi de mieux gérer les couts cachés du tout cloud : duplication de donnees, licences multiples, surconsommation de stockage, frais de sortie de donnees. En consolidant une partie des traitements dans un logiciel premise ou dans des solutions premise, l’entreprise peut optimiser son infrastructure et arbitrer plus finement entre couts, performance et securite.
Pour les équipes marketing, cela se traduit par une meilleure lisibilité : elles savent quelles donnees peuvent être activées librement dans des solutions cloud, lesquelles doivent rester dans un environnement contrôlé, et comment articuler les deux sans freiner l’innovation. Cette logique est au cœur des stratégies de transformation digitale les plus avancées, comme le montre l’exemple d’une plateforme régionale qui a repensé sa gouvernance data et contenu pour renforcer la confiance des marques et des utilisateurs, détaillé dans cette analyse sur la transformation de la stratégie digitale des marques.
Aligner marketing, IT et juridique autour d’un modele hybride maîtrisé
Le vrai enjeu n’est pas d’opposer solution cloud et solution premise, mais de construire un modele hybride où chaque brique joue son rôle. Pour la direction marketing, cela suppose de sortir d’une vision purement fonctionnelle des logiciels pour intégrer des critères de securite, de gouvernance et de couts dans les décisions d’outillage.
Un modele cloud bien pensé peut coexister avec un modele premise robuste, à condition de :
- cartographier les outils et logiciels utilisés par le marketing (saas, logiciels premise, solutions cloud internes) ;
- classer les donnees selon leur sensibilité et leur impact potentiel sur la marque ;
- définir quelles briques doivent impérativement rester en mode premise (ou sur des serveurs contrôlés par l’entreprise) ;
- négocier avec les fournisseurs saas cloud des modalités d’intégration compatibles avec cette architecture ;
- impliquer les équipes IT et juridiques dès la mise place de toute nouvelle solution logicielle.
Ce travail peut sembler lourd, mais il conditionne la capacité de la marque à croître sans multiplier les risques. En assumant un retour réfléchi au logiciel premise et aux solutions premise, les directions marketing se donnent les moyens de sécuriser leur capital immatériel le plus précieux : la confiance.
Leadgen et influence : ce que change un socle on premise dans l’activation
Repenser le tunnel de leadgen avec un socle maîtrisé
Quand le marketing repose uniquement sur une solution cloud en mode saas, la génération de leads dépend fortement des choix techniques et des limites imposées par le fournisseur. Avec un logiciel premise installé sur les serveurs de l’entreprise, le tunnel de leadgen peut être redessiné autour d’un principe clé : le contrôle total sur les donnees, les parcours et les règles d’activation.
Concrètement, un modele premise permet de :
- Connecter plus finement les formulaires, les contenus et les scénarios d’emailing aux segments réels de l’entreprise, sans être contraint par un modele saas standardisé.
- Orchestrer des campagnes multicanales (email, centre de contact, réseaux sociaux, site web) en s’appuyant sur une infrastructure unifiée, plutôt que sur une mosaïque de solutions cloud difficile à synchroniser.
- Tester des variantes de parcours (AB testing, nurturing progressif, scoring avancé) sans surcoût lié au volume de donnees ou au nombre d’événements trackés.
Le logiciel premise devient alors un socle d’activation : il centralise la gestion des profils, des consentements, des signaux comportementaux, puis alimente les outils de diffusion, qu’ils soient en mode premise ou en saas cloud. Le marketing ne subit plus la logique du fournisseur de solution logicielle, il définit son propre modele d’activation.
Personnalisation avancée et influence : la donnée au cœur du dispositif
Pour la leadgen comme pour l’influence, la qualité de la personnalisation repose sur la profondeur des donnees exploitées. Dans un environnement tout cloud, ces donnees sont souvent dispersées entre plusieurs solutions cloud, chacune avec son propre schema, ses propres règles de securite donnees et ses limites d’export. Un logiciel premise, intégré au système d’information de l’entreprise, permet de reconstituer une vision beaucoup plus riche des audiences.
Cette approche offre plusieurs leviers concrets :
- Segmentation fine : croiser les donnees CRM, analytics, support, ventes et contenus éditoriaux dans un meme modele premise, sans dépendre d’API parfois instables ou coûteuses.
- Scoring d’influence : identifier les comptes et les individus à fort potentiel d’influence (clients, partenaires, communautés) grâce à une analyse consolidée des interactions, plutôt que via un simple scoring marketing hébergé dans une solution saas isolée.
- Personnalisation temps quasi réel : adapter les messages, les offres et les contenus en fonction des signaux captés sur le site, dans les emails ou via le centre de relation client, en s’appuyant sur une infrastructure premise optimisée.
Dans ce modele, le logiciel premise n’est pas en opposition frontale avec les solutions cloud. Il agit comme un noyau de gestion de la donnée marketing, qui alimente ensuite des outils saas cloud spécialisés (publicité, social listening, marketing automation, webinars, etc.). Le résultat : une influence plus ciblée, plus crédible, et moins dépendante des algorithmes opaques des grandes plateformes.
Maîtriser la conformité et la confiance dans les campagnes d’activation
La capacité à générer des leads et à développer l’influence repose aussi sur la confiance. Les audiences sont de plus en plus sensibles à la securite donnees, aux conditions d’utilisation de leurs informations et à la transparence des campagnes. Un modele cloud standard peut rendre cette transparence difficile, notamment lorsque les donnees transitent par plusieurs solutions cloud situées dans différents pays.
Avec un logiciel premise, l’entreprise peut :
- Documenter précisément la mise place des traitements de donnees, ce qui facilite les audits internes et les échanges avec les équipes juridiques.
- Limiter les transferts de donnees vers l’internet public, en gardant les informations sensibles dans son propre centre de donnees ou dans un environnement premise cloud contrôlé.
- Adapter rapidement les règles de gestion (durée de conservation, anonymisation, droits d’accès) sans attendre les évolutions d’un fournisseur de solution cloud.
Cette maîtrise renforce la crédibilité des campagnes de leadgen et d’influence : les messages peuvent mettre en avant des engagements concrets en matière de securite, de confidentialité et de gouvernance, appuyés par une infrastructure premise cohérente. Pour un CMO, c’est un argument fort dans un contexte où la conformité et la confiance deviennent des différenciateurs marketing à part entière.
Optimiser les coûts d’acquisition grâce au modele premise
Le débat entre modele cloud et modele premise est souvent présenté uniquement sous l’angle technique. Côté marketing, la question clé reste pourtant celle des couts d’acquisition et de la rentabilité des campagnes. Les solutions saas facturées à l’usage (contacts, emails, événements, espaces de stockage) peuvent faire exploser les couts lorsque la stratégie de leadgen s’intensifie.
Un modele premise bien dimensionné permet de :
- Stabiliser une partie des couts en les basculant vers l’infrastructure interne (serveurs, stockage, licences de logiciels premise), plutôt que de subir une hausse continue des abonnements saas cloud.
- Réduire la dépendance à un seul fournisseur de cloud solution, en gardant la possibilité de faire évoluer certains briques vers d’autres solutions premise ou solutions cloud plus compétitives.
- Optimiser l’usage des outils existants de l’entreprise (bases de donnees, ETL, plateformes d’analytics) au lieu de les dupliquer dans chaque nouvelle solution logicielle marketing.
Le CMO peut alors piloter un veritable modele hybride : un socle premise pour la donnée, la gouvernance et les processus critiques, complété par des solutions cloud ciblées pour la diffusion et l’orchestration. Cette approche permet de garder la main sur les couts d’acquisition tout en conservant l’agilité nécessaire pour tester de nouveaux canaux ou formats d’influence.
Aligner marketing, IT et direction générale autour d’un socle commun
Enfin, un logiciel premise dédié au marketing crée un terrain d’alignement entre les équipes marketing, IT et la direction générale. La mise place d’une infrastructure premise ou premise cloud pour la leadgen et l’influence oblige à clarifier les priorités : quelles donnees sont stratégiques, quels outils sont critiques, quel niveau de securite est attendu, quel modele de gouvernance adopter.
Cet alignement a un impact direct sur la performance :
- Les équipes marketing gagnent en autonomie sur les paramétrages, les scénarios et les modèles de scoring, tout en respectant les standards de securite de l’entreprise.
- L’IT peut rationaliser les infrastructures et les logiciels, en évitant la prolifération de solutions saas redondantes.
- La direction générale dispose d’une vision plus claire des investissements, des couts récurrents et du retour sur investissement des campagnes d’activation.
En pratique, ce socle premise devient un actif stratégique : il structure la façon dont l’entreprise conçoit la leadgen, mesure l’influence et pilote la croissance de la marque, au delà des effets de mode autour du tout cloud ou du tout saas.
Architecture hybride : articuler on premise software et cloud sans perdre en agilité
Composer une architecture marketing vraiment hybride
Pour une direction marketing, le sujet n’est plus de choisir entre solution cloud et logiciel premise, mais de construire un modèle hybride cohérent. L’objectif : garder le meilleur du saas cloud en termes d’agilité, tout en sécurisant les donnees critiques dans un logiciel premise sous controle total de l’entreprise.
Concrètement, cela revient à définir un modele premise cloud où chaque brique de votre stack marketing a une raison d’être soit en mode saas, soit sur vos propres serveurs ou dans votre centre de donnees. Les outils d’orchestration de campagnes, les solutions d’A/B testing ou certains analytics temps réel restent souvent en mode saas, tandis que les bases de donnees clients, les référentiels de consentement ou les moteurs de scoring sensibles basculent vers des solutions premise.
Quels critères pour décider : cloud, premise ou hybride
Pour arbitrer entre solution cloud et logiciel premise, plusieurs critères doivent être posés noir sur blanc. Ce travail de cadrage évite de retomber dans un tout cloud subi ou, à l’inverse, dans un retour dogmatique au tout on premise software.
- Sensibilité des donnees : plus les donnees sont identifiantes, stratégiques ou soumises à des contraintes réglementaires fortes, plus le modele premise devient pertinent pour la gestion et le stockage.
- Fréquence d’évolution fonctionnelle : les outils très exposés à l’innovation (social ads, testing créatif, optimisation temps réel) se prêtent mieux au mode saas ou au modele saas.
- Exigences de securite donnees : certaines entreprises imposent que des briques clés de la solution logicielle restent dans leur propre infrastructure, avec un controle total sur les accès et les logs.
- Couts et TCO : le coût apparent d’un saas cloud peut masquer, sur plusieurs années, des couts de licences cumulés, de stockage et de sorties de donnees. À l’inverse, un logiciel premise implique des investissements initiaux en serveurs et en infrastructure, mais peut devenir plus compétitif à long terme.
- Capacités internes : une entreprise avec une DSI solide et un centre de services bien structuré pourra assumer plus facilement la mise place et la maintenance de solutions premise.
Garder l’agilité marketing malgré le retour du premise
Le risque classique, lorsqu’on renforce un modele premise, est de perdre en vitesse d’exécution marketing. Pour éviter cela, la clé est de découpler les couches : les donnees sensibles et les moteurs critiques restent dans un logiciel premise, tandis que les interfaces d’activation et certains outils de campagne fonctionnent en mode saas ou via des solutions cloud spécialisées.
Dans ce modele hybride, les équipes marketing continuent d’utiliser des interfaces saas cloud familières pour piloter leurs campagnes, mais les flux passent par un socle premise qui joue le rôle de tour de controle. Ce socle assure la gouvernance, la qualité et la securite donnees, tout en alimentant les solutions cloud avec uniquement les informations nécessaires, souvent pseudonymisées.
Résultat : vous conservez la souplesse du modele cloud pour tester de nouveaux outils, brancher un nouveau saas ou débrancher un fournisseur, sans remettre en cause votre coeur de donnees ni votre infrastructure premise.
Standards, API et gouvernance : le ciment de l’architecture
Une architecture hybride efficace repose sur des standards techniques clairs. Sans cela, le risque est de multiplier les logiciels et solutions sans véritable cohérence, avec des flux de donnees difficiles à tracer.
- API bien définies entre les logiciels premise et les solutions cloud, pour éviter les intégrations ad hoc fragiles.
- Modèle de donnees unifié qui sert de référence à l’ensemble des outils, qu’ils soient en mode premise ou en mode saas.
- Règles de gouvernance sur qui peut connecter un nouvel outil, comment les flux internet sont sécurisés, quels types de donnees peuvent sortir de l’entreprise.
- Catalogue des solutions validées par l’entreprise, avec une distinction claire entre solutions premise, solutions cloud et briques mixtes premise cloud.
Ce cadre permet aux équipes marketing de garder une grande liberté dans le choix des outils, tout en restant dans un environnement maîtrisé. La gouvernance ne doit pas être vécue comme un frein, mais comme un accélérateur qui évite les impasses techniques et les surcoûts cachés.
Anticiper l’évolution du modele dans le temps
Enfin, une architecture hybride n’est jamais figée. Certaines briques aujourd’hui en mode saas pourront, demain, basculer vers un logiciel premise si les volumes de donnees explosent ou si les couts deviennent trop élevés. À l’inverse, des logiciels premise historiques pourront migrer vers une cloud solution si la valeur ajoutée se déplace vers des services managés.
Pour un CMO, l’enjeu est de garder une vision dynamique du portefeuille d’outils et de solutions logicielles. Cela implique de suivre régulièrement :
- Le coût complet de chaque solution (licences, infrastructure, exploitation, support).
- La contribution réelle à la performance marketing (leadgen, influence, brand awareness, revenus).
- Le niveau de risque en termes de securite donnees et de dépendance fournisseur.
Avec cette approche, le modele premise ou le modele cloud ne sont plus des dogmes, mais des leviers ajustables au service de la stratégie marketing et de la croissance de la marque.
Mesurer l’impact business d’une stratégie on premise côté marketing
Définir des indicateurs vraiment attribuables au mode premise
Pour une direction marketing, la question n’est pas seulement de savoir si le logiciel premise fonctionne, mais s’il crée un avantage business mesurable par rapport à une solution cloud ou à un modele saas classique. La première étape consiste à isoler des indicateurs directement liés au passage en mode premise ou en architecture premise cloud hybride.
En pratique, on peut structurer le suivi autour de trois blocs d’indicateurs :
- Performance marketing et revenus : coût par lead, coût d’acquisition client, revenu moyen par client, taux de conversion par canal, valeur vie client.
- Qualité et exploitation des donnees : taux de complétude des profils, taux de rapprochement cross canal, temps moyen pour produire un reporting fiable, nombre de segments activables.
- Risques, securite et conformité : incidents de securite donnees, non conformités détectées, temps de réponse en cas d’alerte, pénalités ou pertes liées à un incident.
L’objectif est de pouvoir comparer, sur une période donnée, la performance avant et après la mise place du logiciel premise ou de la nouvelle infrastructure premise solution. Sans cette ligne de base, il devient très difficile de défendre un arbitrage budgétaire face à d’autres projets saas cloud.
Construire un modèle de coûts complet : au delà de la licence
Le retour sur investissement d’un logiciel premise ne se résume pas au prix de la licence ou des serveurs. Pour une entreprise qui passe d’un modele cloud à un modele premise, il faut intégrer l’ensemble des couts liés à l’infrastructure et à la gestion opérationnelle.
Un modèle de calcul réaliste doit inclure au minimum :
- Investissements techniques : serveurs, stockage, réseau, centre de données interne ou hébergé, outils de supervision.
- Logiciels et solutions : licences du logiciel premise, modules complémentaires, solutions premise associées (ETL, BI, outils d’activation, sécurité).
- Ressources humaines : temps des équipes marketing, data, IT pour la mise place, la maintenance, l’évolution du logiciel et des solutions cloud ou premise connectées.
- Couts d’intégration : interfaçage avec les autres logiciels marketing, CRM, DMP, CDP, solution logicielle d’analytics, outils de campagne.
- Couts d’opportunité : délais de déploiement, arbitrages entre projets, dépendance à un fournisseur saas ou à un prestataire externe.
Face à ce modèle, il est utile de construire un scénario de référence en mode saas ou en solution cloud pure, puis un scénario en mode premise ou en solutions cloud premise hybrides. La comparaison ne doit pas seulement porter sur les couts directs, mais aussi sur la capacité à générer plus de revenus marketing grâce à un controle total sur les donnees.
Relier la qualité de la donnée aux KPIs de brand et de leadgen
Un des bénéfices majeurs du logiciel premise est la maîtrise accrue des donnees marketing. Pour mesurer l’impact business, il faut relier cette qualité de donnees à des indicateurs concrets de brand awareness, de leadgen et de performance digitale.
Quelques exemples de liens à objectiver dans l’entreprise :
- Brand awareness : meilleure unification des donnees d’exposition et d’engagement, permettant de mesurer plus finement la contribution des campagnes à la notoriété (études de brand lift, mémorisation, recherche de marque).
- Leadgen : enrichissement plus fiable des formulaires, scoring plus précis grâce aux donnees first party stockées sur l’infrastructure premise, donc hausse du taux de transformation des leads qualifiés.
- Influence et engagement : capacité à rapprocher les donnees sociales, CRM et web analytics dans un même logiciel premise ou une solution premise cloud, pour mesurer l’impact réel des contenus et des ambassadeurs sur les ventes.
La clé est de documenter ces liens dans un modele premise de mesure : quelles donnees sont traitées en mode premise, quels outils les exploitent, quels KPIs évoluent, et dans quelles proportions. Ce travail renforce la crédibilité de la stratégie auprès de la direction générale.
Évaluer la réduction des risques et l’effet sur la securite donnees
Le passage à un logiciel premise ou à des logiciels premise intégrés dans une architecture hybride vise souvent à reprendre le controle total sur des donnees sensibles. Cet aspect doit être valorisé dans la mesure de l’impact business, même s’il est moins immédiat que la génération de revenus.
Pour cela, il est pertinent de suivre :
- La baisse du nombre d’incidents liés à la securite donnees ou à la confidentialité.
- La réduction des couts de remédiation (temps passé, prestataires externes, audits, assurances).
- La diminution du risque réglementaire, en particulier pour les entreprises fortement exposées aux contrôles.
- L’amélioration de la confiance des partenaires et des clients, mesurée par des enquêtes ou par la stabilité des contrats.
Dans un contexte où les solutions cloud et le mode saas se multiplient, pouvoir démontrer que le modele premise renforce la securite et la gouvernance des donnees devient un argument stratégique pour la marque. Cette réduction de risque a une valeur financière, même si elle reste parfois difficile à chiffrer précisément.
Mettre en place un tableau de bord marketing dédié au modele premise
Pour que la stratégie premise ne reste pas un sujet technique, la direction marketing doit disposer d’un tableau de bord clair, orienté décision. Ce tableau de bord doit couvrir à la fois les dimensions marketing, data et infrastructure, sans noyer les équipes dans le détail.
On peut structurer ce tableau de bord en quatre volets :
| Volet | Objectif | Exemples d’indicateurs |
|---|---|---|
| Business marketing | Suivre l’impact sur les revenus et la performance | CA incrémental attribué au nouveau socle, CPA, ROAS, taux de conversion |
| Donnée et activation | Mesurer la qualité et l’exploitation des donnees | Segments activables, temps de mise en marché d’une campagne, taux d’erreur de tracking |
| Securite et conformité | Suivre les risques et la gouvernance | Incidents, audits réussis, temps de réponse, conformité aux politiques internes |
| Couts et efficacité opérationnelle | Comparer le modele premise au modele cloud ou saas | Coût total de possession, temps projet, dépendance fournisseurs, économies réalisées |
Ce tableau de bord doit être alimenté automatiquement autant que possible, via les solutions cloud et les outils premise déjà en place, pour éviter de recréer une usine à gaz de reporting. L’enjeu est de donner à la direction marketing une vision synthétique, actionnable, de l’impact réel du choix premise sur la croissance de la marque.
Comparer régulièrement les scénarios : saas, cloud, premise et hybride
Enfin, mesurer l’impact business d’une stratégie on premise n’est pas un exercice ponctuel. Les entreprises évoluent, les offres saas cloud aussi, et les couts d’infrastructure changent. Il est donc essentiel de réévaluer régulièrement les différents scénarios : mode saas, solution cloud, logiciel premise, solutions premise hybrides.
Une bonne pratique consiste à planifier, tous les 12 à 18 mois, une revue stratégique qui croise :
- Les résultats obtenus avec le modele premise actuel (performance, securite, couts, agilité).
- Les évolutions du marché des solutions cloud et du mode saas dans votre secteur.
- Les nouveaux besoins marketing (nouveaux canaux, nouveaux pays, nouvelles offres).
- Les contraintes internes de l’entreprise (budget, ressources, priorités IT).
Cette revue permet de confirmer que le choix d’un logiciel premise ou d’une architecture premise cloud reste le meilleur compromis pour la marque, ou d’ajuster le curseur entre solutions cloud et solutions premise. Pour une direction marketing, c’est aussi un moyen de garder la main sur son stack technologique, plutôt que de subir les décisions purement techniques.