Piscine intérieure d'un hôtel spa avec chaises longues

Quand le spa pèse plus que la chambre : le wellness redéfinit la valorisation hôtelière

27 juillet 2026 6 min de lecture
Dans les hôtels Major Wellness, les revenus annexes pèsent 56 % du TRevPAR. Pourquoi le bien-être oblige à valoriser un hôtel au-delà du seul RevPAR en 2026.
Piscine intérieure d'un hôtel spa avec chaises longues
Nereid Ndreu / Unsplash

Dans les hôtels où le bien-être est un vrai métier, la chambre ne fait plus la majorité du chiffre d’affaires. Selon RLA Global et HotStats, qui suivent plus de 11 000 hôtels, les revenus annexes représentaient en 2024 56 % du revenu total par chambre disponible (TRevPAR) des établissements « Major Wellness », contre 24 % pour les hôtels sans offre bien-être. Un écart qui oblige investisseurs et exploitants à regarder au-delà du RevPAR pour valoriser un actif hôtelier.

Un marché qui croît plus vite que l’économie du bien-être

Le contexte est porteur. Selon le Global Wellness Economy Monitor 2025 du Global Wellness Institute (GWI), publié en novembre 2025, l’économie mondiale du bien-être a atteint 6 764 milliards de dollars en 2024, en hausse de 7,9 % sur un an. Mais les segments liés au voyage et à l’hôtellerie progressent nettement plus vite que la moyenne.

Segment (GWI)

2019

2024

Croissance 2023-2024

Tourisme de bien-être

655,1 Md$

893,9 Md$

+13,8 %

Spas

116,5 Md$

157,4 Md$

+14,6 %

Sources thermales et minérales

65,8 Md$

71,7 Md$

+11,1 %

Immobilier de bien-être

225,2 Md$

548,4 Md$

+17,9 %

Ensemble de l’économie du bien-être

4 995 Md$

6 764 Md$

+7,9 %

Le GWI recense par ailleurs 201 861 spas dans le monde en 2024, pour 157 milliards de dollars de revenus, contre 47 milliards en 2007. Le spa n’est plus un équipement de confort : c’est une industrie à part entière, dont une partie se joue dans les hôtels.

Ce que disent les comptes d’exploitation

La donnée la plus utile pour un investisseur vient du rapport annuel de RLA Global, cabinet de conseil hôtelier, produit avec HotStats et publié dans le Spa Business Handbook 2025. Il compare trois catégories d’hôtels sur l’exercice 2024 : « Major Wellness » (plus d’un million de dollars de revenus bien-être et loisirs par an, ou plus de 10 % du chiffre d’affaires), « Minor Wellness » (en dessous de ces seuils) et « No Wellness » (aucun revenu de ce type).

Part des revenus annexes dans le TRevPAR (2024)Hôtels Major Wellness56 %Hôtels Minor Wellness38 %Hôtels sans bien-être24 %Source : RLA Global et HotStats, plus de 11 000 hôtels (Spa Business Handbook 2025)
Part des revenus hors hébergement (spa, restauration, services) dans le revenu total par chambre disponible, selon le poids du bien-être dans l'hôtel.

Les écarts sont considérables :

  • Le revenu total par chambre disponible des hôtels Major Wellness dépasse de 56 % celui des Minor Wellness et de 108 % celui des hôtels sans offre bien-être.

  • La rentabilité suit : le résultat brut d’exploitation par chambre disponible (GOPPAR) des Major Wellness est supérieur de 16 % à celui des Minor Wellness et de 37 % à celui des No Wellness.

  • Le département bien-être est rentable en soi : 49 % de taux de conversion en profit pour les Major Wellness, avec une masse salariale à 35 % des revenus loisirs, contre 48 % pour les Minor Wellness.

  • La saisonnalité se lisse : l’écart d’occupation entre haute et basse saison est le plus fort dans les hôtels sans offre bien-être, à 13 points.

Les données du premier semestre 2025 publiées par RLA Global en novembre 2025 confirment la tendance : le revenu total par chambre occupée (TRevPOR) atteint 561 dollars dans les hôtels Major Wellness, soit 67,5 % de plus que les 335 dollars des Minor Wellness. La France se distingue sur un indicateur précis : avec 37,6 dollars de soins de spa par chambre occupée, elle se classe deuxième derrière les Maldives (38,6 dollars).

Pourquoi le RevPAR ne suffit plus

Le RevPAR, revenu hébergement par chambre disponible, reste l’indicateur de référence du secteur. Il a un défaut majeur pour ce type d’actif : il ignore tout ce qui se passe hors de la chambre. Or, quand plus de la moitié du revenu total provient du spa, de la restauration et des services, juger un hôtel bien-être sur son seul RevPAR revient à ignorer l’essentiel de sa performance.

Deux nuances s’imposent toutefois. D’abord, ces chiffres décrivent des moyennes, et la performance varie fortement selon les marchés : RLA Global note que le GOPPAR des Major Wellness a reculé de 7 % sur le continent américain en 2024. Ensuite, la croissance annuelle du GOPPAR a été plus forte chez les Minor Wellness (+5 %) que chez les Major Wellness (+1 %) en 2024 : un spa coûte cher à exploiter, et l’avantage de marge n’est pas automatique.

Les investisseurs paient pour le bien-être intégré

Le marché transactionnel commence à intégrer cette lecture. Dans son U.S. Deals 2026 Midyear Outlook publié en juin 2026, PwC indique que les actifs haut de gamme, très haut de gamme et de luxe ont représenté 73 % des transactions hôtelières sur six mois, la plus forte concentration en deux ans. Le cabinet observe que les acheteurs « paient des primes pour les actifs où le bien-être est intégré, et non ajouté après coup », et que les exploitants incapables de démontrer cette valeur voient des offres revues à la baisse, voire retirées.

Jonathan Shing, associé chez PwC, résume ce changement : « Il y a cinq ans, l’actif physique était la transaction. Aujourd’hui, l’actif n’est que la moitié de la transaction. L’autre moitié, ce sont les données, le programme de fidélité et l’intentionnalité de l’expérience client. » PwC prévoit pour 2026 une hausse du RevPAR de 5,4 % dans le luxe, contre 2,1 % dans le très haut de gamme et 2,7 % dans le haut de gamme.

Ce que cela change pour les hôteliers

Notre lecture, chez Nenuphar Media : le bien-être ne se réduit plus à une ligne de l’offre, c’est un levier de valorisation, à condition d’être pensé comme un métier.

  1. Piloter au TRevPAR et au GOPPAR. Un hôtel qui investit dans le bien-être doit suivre et présenter ses revenus totaux et sa marge, pas seulement son RevPAR. C’est là que se lit la valeur créée.

  2. Intégrer plutôt qu’ajouter. Les investisseurs font la différence entre un spa greffé sur un hôtel et une expérience conçue autour du bien-être. La seconde se valorise mieux.

  3. Penser aussi aux familles. Le bien-être n’est pas réservé aux couples. Piscines, activités pour enfants, soins parents-enfants, rythme apaisé : pour une clientèle familiale, ces services peuvent aider à remplir les périodes creuses, et les données de RLA Global montrent justement que la saisonnalité est la plus marquée dans les hôtels sans offre bien-être.

  4. Raconter la valeur avec des preuves. Pour les médias comme pour les exploitants, les chiffres de fréquentation du spa, de satisfaction ou de dépense par séjour sont plus convaincants qu’une promesse de « parenthèse bien-être ».

Les chiffres à retenir

893,9 milliards de dollars pour le tourisme de bien-être en 2024, +13,8 % sur un an (GWI, 2025). Revenus annexes : 56 % du TRevPAR des hôtels Major Wellness, contre 24 % sans offre bien-être (RLA Global et HotStats, données 2024). TRevPAR des Major Wellness supérieur de 108 % à celui des hôtels sans bien-être, GOPPAR supérieur de 37 %. 73 % des transactions hôtelières américaines sur le haut de gamme et le luxe (PwC, juin 2026).

Sources

Cet article a été conçu à l'aide d'outils d'IA générative, à partir de sources publiques.